Il existe trois moyens principaux de revêtir un mur la peinture, le papier peint et le tissu. Signalons aussi, pour des cas particuliers, le plastique adhésif, les carreaux de faïence, les boiseries, etc.
Il est difficile de donner une règle générale qui permette de choisir entre les trois premiers. La peinture faisant l’objet du chapitre précédent, nous n’en parlerons pas ici.
Notre choix final dépend des éléments suivants :
Les papiers peints peuvent être mis partout alors que les tissus, qui sont plus fragiles, sont posés de préférence dans les pièces de séjour ou les chambres réservées aux adultes.
Le coût du revêtement est moins élevé quand on emploie du papier. Celui ci est à la fois moins cher à l’achat et sa mise en place demande moins de temps.
Le tissu peut recouvrir un mur en mauvais état sans obliger à un travail de réparation trop minutieux.
La pose du papier peint ne présente aucune difficulté majeure, même si l’on n’a jamais exécuté ce travail. Il faut cependant prendre certaines précautions qui vont être indiquées plus loin.
Les outils absolument indispensables pour effectuer les différents travaux sont :
Il est possible de remplacer le sabre et la règle par une roulette à émarger. La table et la brosse ronde par une encolleuse.
Le papier peint est vendu en rouleau dont les dimensions sont en général de 0,50 m de large sur 10 m de long.
Le nombre de rouleaux se trouve en divisant le nombre de lés total par le nombre de lés contenus dans un rouleau et l’on arrondit au chiffre supérieur.
Dans le cas d’un papier à motifs, il faut majorer le résultat final de 15 à 20 0/0 pour tenir compte des chutes lorsqu’on raccorde le dessin.
Exemple Recouvrir une pièce de 10 m de long sur 3 m de large, hauteur des murs 2,60 m. Une fenêtre de 2 m de large et une porte de 1 m (porte et fenêtre seront peintes).
Périmètre : (10 + 10) + (3 + 3) (2 + 1) = 23 m.
Nombre de lés dans un rouleau de 10 m : 10 : 2,6 = 3.
Nombre total de lés 23 : 0,5 = 46.
Nombre de rouleaux : 46 : 3 = 15,3 rouleaux = 16 rouleaux.
Il y aura donc deux lés en plus pour les tombées et les parties non comptées, comme le dessus de la porte et celui de la fenêtre.
Une fois connu le nombre de rouleaux nécessaires, il faut choisir un papier sans oublier d’assortir en même temps la peinture qui servira pour les plinthes, l’encadrement des fenêtres, les portes, etc.
Il existe une très grande diversité de papiers, de qualité, de style et de prix différents. Il est difficile d’énoncer des règles précises pour ce choix, aussi se bornera t on à donner une liste de papiers peints et ensuite quelques conseils concernant la qualité et le type de papier à utiliser suivant la pièce.
Ces deux dernières catégories sont les plus difficiles à poser car une erreur quelconque, lors de la découpe ou de la pose, nécessite parfois un réapprovisionnement difficile. Ils obligent toujours des raccords de dessin qui provoquent des « tombées » fort importantes.
Choisir un papier dont le support soit assez épais pour éviter d’avoir un lé qui se déchire.
Dans les pièces où existe un risque d’humidité, on choisira un papier de bonne qualité, lavable, encollé avec une colle résistante à l’eau. Il est bon de savoir que l’on peut rendre lavables tous les papiers en les recouvrant d’une couche de peinture spéciale appelée lavabilisateur.
Pour une chambre d’enfant ou un passage un papier à motifs (un papier uni serait très fragile).
Pour agrandir une petite pièce, un papier à motifs qui recouvrira l’ensemble de la pièce (placards, murs, plafond...), cette solution demande un éclairage très important.
Pour une pièce ayant un plafond très haut : un papier à motifs horizontaux.
Pour une pièce ayant un plafond bas (maison moderne) : un papier à rayures verticales ou à motifs verticaux.
Il ne faut pas abuser de papier « trompe l’oeil » ou à décor panoramique. Dans une entrée très sombre, on peut, par exemple, mettre une fausse fenêtre éclairée par dessus. Ou dans une salle à manger, un décor créant un effet de perspective sur toute la surface d’un mur. Le reste de la pièce est alors tapissé d’un papier uni dont le ton se marie avec le fond du décor.
On trouve actuellement dans le commerce des papiers prêts à l’emploi. C’est à dire qu’ils sont déjà émargés (une lisière ou les deux lisères ont été enlevées) et pré encollés l’encollage définitif se fait en laissant tremper le lé quelques minutes dans une baignoire ou tout autre récipient contenant de l’eau. Ces papiers sont assez nouveaux et à recommander car ils simplifient beaucoup le travail de l’amateur.
Pour terminer ces différentes observations, j’ajouterai qu’il faut choisir le papier en tenant compte des différents éléments qui décoreront la pièce à tapisser fauteuils, mobilier, rideaux...
Avant de commencer la pose du papier, il est nécessaire de préparer les fonds. Ce travail est fastidieux mais il est indispensable si l’on veut un résultat parfait.
Il faut procéder en trois étapes :
Nous allons étudier successivement ces trois étapes :
Enlever l’ancien revêtement : Peinture à l’huile ou glycérophtalique lessivage complet (la lessive Saint Marc par exemple), puis rinçage. Peinture à l’eau ou vinylique : lessivage et rinçage mais avec une dose assez légère de lessive. Papier peint : s’il n’y a qu’une ou deux couches et que ces papiers adhèrent bien, il n’est pas nécessaire de les enlever, il suffit de recoller les parties détachées.
S’il y a plus de deux couches ou si le papier est défectueux (mauvaise adhérence, déchirure), il faut le décoller.
Pour cela on le lessive avec de l’eau chaude, en commençant par le bas, et on le laisse imbiber environ une demi heure. On commence l’arrachage par le haut. En se servant d’un couteau de peintre que l’on insère entre le papier et le plâtre. Il faut faire très attention car le plâtre humide est très fragile. Ce travail, assez difficile si l’adhérence est bonne, peut être facilité par l’emploi d’un détrempeur ou mieux d’une machine à décoller le papier, dont l’emploi est simple et qui peut être louée à la journée.
Si le papier à décoller est lavable, il faut d’abord retirer la pellicule imperméable en la ponçant au papier de verre.
Si le mur présente des aspérités, des fissures ou des trous, il est nécessaire de le réparer. On rend lisse les surfaces avec le grattoir et on rebouche les trous avec de l’enduit ou du plâtre. Si les fentes sont trop importantes, il faut les ouvrir assez largement.
Pour que le plâtre neuf puisse adhérer à l’ancien, on doit mouiller ce dernier avec un pinceau.
On égalise et on ponce après séchage, voir chapitre peinture.
Il s’agit en fait de préparer le fond pour lui donner de l’adhérence. Ainsi il faut enduire un plâtre neuf avec un badigeon fait de colle identique à celle employée pour la pose du revêtement final mais plus diluée. On peut ensuite poser un papier d’apprêt. Ce travail relativement long n’est pas obligatoire mais possède l’avantage de créer un support ayant une absorption uniforme. Il est donc indiqué dans le cas où l’on désire utiliser un papier uni très fragile, et qui pourrait être taché par une colle mal absorbée. (Un non professionnel aura toujours avantage à prendre un papier assez épais.)
Sur des murs anciens, il n’y a aucune préparation spéciale à prévoir toutefois, si l’on a replâtré des parties importantes, il sera préférable de les enduire.
L’humidité est l’ennemi numéro un du papier. Elle a pour effet de le tacher et de le décoller. Elle vient parfois des vapeurs qui se dégagent à l’intérieur de la pièce (cuisines, salles de bains mal aérées). Dans ce cas, on doit employer une colle cellulosique et un papier lavable ou le passer au lavabilisateur après la pose.
Quand les murs sont humides avec des traces de salpêtre, il est possible d’en isoler le revêtement par l’application d’une feuille de plomb (solution très chère), d’une peinture hydrofuge ou d’un papier d’apprêt à base de plomb. Ces solutions sont efficaces pour le revêtement à protéger mais le salpêtre aura tendance à remonter au dessus de cette protection. Je conseillerai dans ce cas deux solutions qui consistent l’une et l’autre à créer une ventilation le long du mur en posant :
Dans les deux cas, la plaque sera fixée à 0,5 ou 0,8 cm du mur et aura des trous ou des fentes d’aération en haut et en bas (diamètre, 0,8 mm). Ces trous ne devront pas être obturés par le papier peint.
Ils seront percés dans les endroits les moins visibles (derrière un meuble par exemple). On pourra aussi ne pas coller la plaque au sol et au plafond, ce qui donnera encore une meilleure ventilation. Le plus efficace serait de percer les murs afin d’en drainer l’intérieur, mais ceci est une affaire de spécialiste et dépasse le cadre de ce livre.
Brosse : Un jour ou deux avant de poser le papier, mettre la brosse ronde à tremper dans un seau d’eau. Cette opération a pour but de faire gonfler le bois et d’éviter par la suite que des poils se mélangent à la colle, ce qui se verrait à travers le papier après la pose.
Ne pas oublier de peindre au préalable toutes les parties qui ne seront pas tapissées : plinthes, tubes électriques, radiateurs, montants de fenêtre... La peinture doit être choisie dans le ton du papier.
Préparer la colle suivant le mode d’emploi indiqué par le fabricant en évitant les grumeaux lors du délayage.
Les lés : Dans le cas d’un papier uni, tous les lés sont identiques. Les découper à la longueur voulue, augmentée de 4 à 5 cm. En se servant de l’équerre, faire une découpe franche et perpendiculaire à la marge.
Dans le cas d’un papier à motif, on dispose bien à plat sur la table le premier lé, dit pair, en faisant attention que les motifs du haut soient en entier (ne pas décapiter un oiseau par exemple). Se réserver toujours en haut et en bas quelques centimètres en plus que l’on coupera lors de la pose.
Dérouler ensuite le deuxième lé, dit impair, à côté du premier. Faire coïncider les différents motifs en commençant par le haut puis couper à la dimension du premier. (Il peut y avoir des chutes importantes suivant les papiers.) Couper le troisième en le raccordant au deuxième.
Si ce troisième lé est identique au premier, il suffit de faire deux piles, l’une de lés pairs, l’autre de lés impairs. Dans le cas contraire, il faudra faire trois piles ou éventuellement mettre tous les lés dans l’ordre de la pose en les numérotant au dos pour ne pas faire d’erreurs.
Cette opération consiste à badigeonner soigneusement de colle le côté non peint du papier. La table ou la planche que l’on utilise pour ce travail est recouverte de vieux papiers (qui seront remplacés chaque fois qu’ils seront humectés de colle).
Les bandes de papier sont déposées, le côté motifs vers la table.
On badigeonne une première moitié de lé, comme le montre le dessin. Les flèches indiquent le sens des coups de brosse. Ceci permet d’étendre la colle partout, sans grumeau ni excédent, principalement dans les coins. Rabattre ensuite la première moitié du lé, colle contre colle, pour permettre au papier de se détremper. Faire de même pour la deuxième partie et rabattre.
Emargeage du papier : Cette opération consiste à enlever une ou deux lisières suivant que l’on désire poser à joints superposés ou à joints vifs. Ce dernier procédé est plus difficile à, réaliser.
Les figures indiquent pour ces deux cas les marges à enlever.
L’émargeage se fait toujours après l’encollage à l’aide du sabre et de la règle. Cette découpe doit être nette. On donne pour cela un coup sec qui entame le papier, puis d’un mouvement ininterrompu on suit la bordure le plus longtemps possible et on recommence.
Une fois le premier lé émargé, passer au second et en préparer ainsi plusieurs de façon à laisser le papier s’imprégner. Personnellement, j’en prépare trois ou quatre d’avance suivant les difficultés de la pose. Il est possible d’employer une machine à encoller. Il s’agit de deux rouleaux sur lesquels passe le papier. On introduit le lé sous les rouleaux en tirant lentement vers soi, afin que la colle cellulosique se répartisse bien sur toute la surface du papier. Enfin l’émargeage peut aussi s’effectuer avant l’encollage avec un appareil à émarger. Laisser les lés se détremper en les pliant comme précédemment. Ces différents appareils très pratiques se trouvent dans les magasins spécialisés.
Le papier se pose dans l’ordre de la découpe des lés après avoir bien repéré leur sens. La pose du premier lé est la plus importante. Au préalable, il est conseillé de vérifier au fil à plomb et au niveau l’équerrage de son emplacement que l’on trace sur le mur pour assurer un départ correct.
Le premier lé se place, soit à gauche du mur le plus éclairé, soit du côté gauche de la fenêtre (émarger dans le premier cas la lisière de gauche et dans le deuxième la lisière de droite).
On le prend plié par le milieu, puis, monté sur l’escabeau, on déplie la partie supérieure que l’on applique en suivant le tracé établi. On tire sur la partie inférieure avec précaution pour déployer tout le lé. Pour le coller, il faut donner un coup de brosse souple en partant du centre d’abord vers le haut, puis vers le bas pour bien le mettre en position.
Il faut que le papier adhère bien au mur. Dans ce but, on soulève les angles et on brosse pour enlever les bulles d’air. Il vaut mieux décoller plusieurs fois que de laisser une bulle d’air ou un grumeau.
En séchant, le papier achèvera de se tendre. Pour plier le retour du lé en haut et en bas, on marque le pli avec la pointe d’un ciseau.
On décolle légèrement le papier et on découpe à l’aide de la cornière et de la roulette ou avec des ciseaux ou encore avec une lame de rasoir.
Il arrive aussi parfois à un amateur de ne pas réussir une pose parfaite du lé. Ce qui occasionne des ondulations d’aspect désagréable.
La méthode la plus efficace consiste, bien entendu, à remplacer le lé défectueux par un nouveau avant séchage de la colle. Cependant, un approvisionnement trop juste peut contraindre à une réparation.
On coupe alors le lé avec une lame de rasoir à la hauteur du défaut et l’on retend le papier avant de le recoller, comme le montre la figure ci contre.
Dans le cas de papier posé à joints vifs, il faut faire attention à ce que les lés soient bien côte à côte.
Lorsque le papier est posé à joints superposés, on peut passer une roulette sur les joints pour que les bords soient bien appliqués.
On doit aussi placer la marge recouvrante du côté d’où vient la lumière. Si l’on posait en sens inverse, on obtiendrait une projection d’ombre à chaque joint.
Angles et coins : Quand on est séparé d’un coin d’une pièce à tapisser par une distance qui ne permet plus de poser une largeur totale de papier, on découpe ce dernier à la dimension nécessaire pour avoir un joint supplémentaire dans l’angle. On prend soin cependant d’ajouter une bande de 0,5 à 1 cm qui servira de marge. Elle sera recouverte par le lé suivant quand on continuera le travail en repartant de l’angle de la pièce.
Quand on veut recouvrir un plafond et qu’on n’a pas une grande habitude de poser du papier, il est recommandé de ne pas utiliser des lés de plus de 2 m de longueur et de choisir des papiers dont les raccords ne sont pas trop minutieux.
Il est préférable aussi de se faire aider par une personne qui maintient une extrémité tandis que l’on colle l’autre.
On les tapisse quand le reste de la pièce est terminé. On utilise au maximum les chutes que l’on pose comme le papier des murs.
Découper le papier aux dimensions du panneau plus 1 cm. Coller puis couper les bords au rasoir de façon à avoir une découpe franche.
Il vaut mieux laisser tout autour 1 cm de marge sans papier pour éviter un décollement de ce dernier quand on ouvre la porte. Peindre les bandes de bois restantes de la même couleur que le fond du papier. Bien vérifier que les bords soient collés. Eventuellement, remettre un peu de colle avant de brosser.
Interrupteurs ou prises de courant : La pose s’effectue en enlevant la prise et en découpant le papier soit en dents de scie (forme ronde), soit en croix (forme carrée) et en mettant les parties découpées dans le logement de l’interrupteur.
Il est interdit de recouvrir un tube électrique. Il faut le peindre avant la pose du papier.
Il est possible de recouvrir le couvercle de la baguette, mais les côtés doivent être peints. Ceci permet d’enlever le couvercle en cas de panne, sans être obligé de refaire toute la pièce.
Il est préférable de les peindre avant de faire passer le papier derrière. Pour cela on découpe le papier en ligne droite depuis sa bordure la plus proche pour faire passer le tuyau et l’on enlève à la place voulue un cercle correspondant au diamètre du conduit.