Le dégarnissage d’un meuble

Avant tout, il faut dégarnir le meuble et le réparer. Cette partie du travail doit être exécutée avec beaucoup de soin car elle conditionne la durée de l’oeuvre entreprise.

Il serait fastidieux de passer en revue tous les modèles fort différents, non seulement selon les siècles où ils ont été fabriqués mais aussi selon les artisans qui les ont réalisés. On se contentera donc de choisir l’exemple d’un fauteuil ancien ou imité de l’ancien en notant au passage les difficultés que l’on peut rencontrer dans les cas qui s’éloignent de ce modèle.

Même dans l’exemple retenu, on trouve déjà trois possibilités de garnitures : le crin, les ressorts, la mousse plastique. Cependant dans ces trois cas, il existe des éléments communs et surtout de nombreuses phases identiques lors de l’exécution du travail.

Le dégarnissage d’un meuble s’effectue toujours dans l’ordre suivant :

D’abord, enlever le galon ou les clous dorés du pourtour du siège. Il est recommandé de conserver ces derniers qui sont réutilisables.

On remplacera seulement les manquants par quelques neufs vieillis artificiellement que l’on trouve, ainsi préparés, dans le commerce.

Ensuite, on retire très soigneusement les semences qui maintiennent le tissu sans le déchirer. Il servira de patron pour découper le revêtement neuf et permettra de déterminer le métrage nécessaire.

Pour enlever tes semences, on utilise un ciseau à dégarnir ou un vieux tournevis. Celui-ci sera large et l’on aura rendu sa pointe assez mince pour pouvoir l’introduire facilement sous les têtes des semences. Il est aussi souhaitable que sa tige soit très courte.

Quand on a terminé le fond, on dégarnit de la même façon les manchettes et le dossier.
Par la suite, on retire successivement en faisant toujours attention à ne pas abîmer le bois :

Une fois le châssis mis à nu, on retire tous les clous et les semences qui pourraient rester. Il est alors indispensable de vérifier l’état des bois. En règle générale, un fauteuil ou une chaise dont le revêtement est usé a toujours des bras ou des pieds fragiles voire même un dossier cassé. Il faut donc profiter du moment où il se trouve entièrement dégarni pour effectuer les réparations nécessaires.

Le travail demande une certaine connaissance de la menuiserie et de l’ébénisterie.

Il faut noter qu’il est absolument interdit d’employer des clous ou des vis pour réparer des meubles anciens sous peine de leur retirer toute valeur commerciale. Dans ce cas, on utilise des chevilles en bois et une colle spéciale dont le séchage s’effectue sous presse pendant une durée variant de 10 à 24 heures.

Attention aux presses qui, placées sans précaution, abîment les bois lors du serrage. Pour éviter cet inconvénient on doit prendre soin de mettre toujours deux petites planchettes entre les mâchoires du surjoint et les pièces que l’on désire assembler.

Pour améliorer la solidité d’un siège, on peut coller dans les angles intérieurs du châssis des calles de bois. Celles-ci seront taillées à la forme des angles.

Le résultat est très efficace surtout pour renforcer la base des montants du dossier. Cette figure nous fait connaître les dénominations usuelles des diverses parties qui composent un fauteuil.

Souvent l’on constate de nombreux trous ronds sur le bâti. Ils sont dus à des vers qui rongent les fibres du bois et rendent le meuble fragile. Il existe actuellement des insecticides très efficaces pour les détruire. Le xylophène par exemple que l’on achète soit en bidon soit en bombe.

On peut l’étendre au pinceau ou le vaporiser sur les bois naturels ou cirés.

Il attaque par contre le vernis. Il faut alors en mettre uniquement dans les trous.

La bombe est munie d’un bec prévu à cet effet. Si on ne dispose que d’un bidon, on se sert d’une seringue pharmaceutique pour injecter le liquide.

Si celui-ci déborde, il faut l’essuyer immédiatement avec un tampon d’ouate.

Il est recommandé d’utiliser des gants de caoutchouc et de bien aérer le local surtout quand on emploie la bombe.