Les raticides classiques ont pour but d’obtenir la mort des rongeurs après une seule consommation. Ils doivent être mélangés à la nourriture à des concentrations telles que les rongeurs refusent parfois les appâts. Si on diminue la dose de poison, on a moins de refus, mais si l’animal se rétablit, il conserve la mémoire de ce repas dangereux pendant un délai qui dure de trois jours à plusieurs mois suivant la nature du poison utilisé.
Les raticides classiques provoquent aussi chez les empoisonnés des manifestations anormales qui incitent les survivants à ne pas toucher aux appâts. On augmente le pourcentage des résultats favorables en pratiquant l’ « appât âge préalable ». Cela consiste à distribuer pendant huit ou dix jours la nourriture saine qui servira ensuite de support au poison.
Les raticides classiques provoquent cependant la mort d’un pourcentage non négligeable de rats dont on retrouve les cadavres près des postes d’empoisonnement. On conclut à une réelle efficacité alors que c’est le nombre des survivants qu’il importe d’apprécier puisque ceux ci ne toucheront plus aux appâts empoisonnés et échapperont à la dératisation.
Les raticides aux anticoagulants. La mort n’est obtenue dans ce cas qu’après des consommations répétées du poison pendant plusieurs jours consécutifs. La substance anticoagulante possède un pouvoir toxique d’accumulation et les rongeurs meurent de lésions hémorragiques internes.
il n’y a aucune manifestation de défiance, de refus ou de prévention. Les rats « s’éteignent » lentement, ce qui évite le déclenchement du moindre trouble au sein des colonies.
Le pouvoir toxique d’accumulation des substances anticoagulantes raticides permet d’employer une autre technique de lutte. Le poison est mélangé à une poudre inerte et stable que l’on répand sur les pistes et en tous les endroits où il peut adhérer au pelage des rongeurs. Ces derniers ont l’habitude de procéder plusieurs fois par jour à des soins de « toilette » consistant à des séances de léchage de poils au cours desquelles la poudre poison est ingérée.
Que l’on use d’appât ou de poudre, il faut veiller à ce que les animaux disposent toujours de quantités excédentaires. En effet, si un individu cesse d’ingérer de substances anticoagulantes, non seulement son intoxication s’arrête automatiquement, mais de plus il tend à se rétablir car son organisme continue à synthétiser de la vitamine K qui est antihémorragique.
La continuité est donc le gage du succès et si elle est assurée on obtient aisément une mortalité de plus de 90 %, mais cela n’est pas encore 100 %. Le milieu, d’autre part, demeurant favorable, il faut craindre une recolonisation des lieux par des rongeurs venus de l’extérieur. Il est donc judicieux de renouveler une fois par mois les appâts ou de reconstituer les barrages de poudre empoisonnée.
Attention : Un appât disparu n’est pas forcément consommé. Le comportement d’amassement est très fréquent. Il y a donc toujours intérêt à présenter les appâts sous une forme telle qu’ils aient peu de chance d’être transportés vers les terriers ou abris (graines de céréales, mies de pain et non morceaux de pain ou biscottes par exemple).
L’efficacité de certains raticides anticoagulants vis à vis des populations de souris laisse à désirer. Pratiquement, une très forte mortalité initiale se produit tandis que les survivants exigent pour mourir des délais bien plus longs.
Il est possible toutefois de se débarrasser plus rapidement de ces hôtes indésirables en mettant à leur intention des appâts empoisonnés à la crimidine. Ce toxique a une spécificité plus marquée vis à vis des souris.