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 Entretien du gréement

On entend généralement par gréement l’ensemble de la machinerie nécessaire à la propulsion d’un voilier : espars, voiles, haubans, etc. Ne revenons pas sur les voiles, qui nécessitent un entretien différent de l’ensemble du gréement.

Toutefois, les deux ennemis à traquer et à terrasser impitoyablement restent les mêmes : le ragage et l’eau de mer. II faut bien se dire qu’on ne pourra jamais totalement supprimer leurs effets. Il s’agit donc, premièrement de les limiter dans la mesure du possible (chaque marin possède ses trucs pour limiter le ragage d’une écoute ou d’une drisse), deuxièmement de surveiller attentivement l’ensemble du gréement et de ne pas hésiter à réparer et à remplacer le plus vite possible les pièces donnant des signes de fatigue ou présentant des risques de rupture.

Définition, grément dormant, grément courant

Pour les débutants ou les distraits, rappelons que sur un voilier, le gréement peut être : soit fixe égal mât, haubans principalement on dit alors qu’il s’agit du gréement dormant soit mobile égal voiles, drisses, écoutes et l’on parle alors de gréement courant. Gréement courant et gréement dormant ne seront pas fabriqués dans les mêmes matériaux selon qu’on attend la solidité ou la légèreté, l’immobilité ou le mouvement ; par exemple, on utilisera généralement des câbles pour le gréement dormant alors que le gréement courant réclamera des cordages plus souples, plus maniables. L’entretien en sera donc différent.

La mât

Commençons par la pièce principale du gréement dormant : le mât. Comme les voiles, les mâts peuvent être construits dans des matériaux différents, ne nécessitant pas la même entretien, et résistant plus ou moins bien aux effets du ragage.

Les mâts peuvent être en bois (généralement en spruce, bois d’Amérique du Nord), en métal (des alliages d’aluminium) ou même en plastique (cette construction encore peu répandue utilise la résine polyester armée). Les mâts métalliques, pour des problèmes de prix, d’entretien et de rendement, font actuellement la quasi unanimité.

Le mât en bois nécessite le plus d’entretien. Il est sujet à l’usure, au décollement, il peut se fendre ou pourrir par suite d’absorption d’eau. Il doit être protégé au maximum de l’eau de mer. Aussi, chaque année, recommande t on de passer cinq à six couches de vernis sur le mât, en accordant une attention toute particulière à la tête et au pied, endroits où le bois risque de « pomper » l’eau et de pourrir. Attention également aux endroits où sont collées des pièces d’accastillage. La colle la plus couramment utilisée, la colle Certus est très efficace mais se laisse attaquer par l’eau de mer et réclame une protection parfaite.

On peut raboter un mât pour lui redonner un bel aspect mais le rabotage reste dangereux ; le bois est tendre, le coup de rabot doit être léger sous peine d’altérer singulièrement la solidité générale du mât.

Le mât métallique nécessite peu d’entretien, surtout s’il est anodisé, comme c’est maintenant généralement le cas, ce qui élimine quasiment les effets de la corrosion.

Le mât en plastique inattaquable par les agents extérieurs à l’abri du pourrissement et de l’oxydation ne réclame aucun entretien particulier.

Démâtage et stockage du mât

Le démâtage est une opération longue et difficile. Il est préférable quand c’est possible de se passer de ce travail et de laisser le bateau mâté, en écartant du mât toutes les parties du gréement qui risquerait de battre contre le mât et d’altérer le vernis ou le traitement de surface.

Si l’on est obligé de démâter pour réparations ou pour un stockage, surtout ne jamais mettre le mât debout contre un mur. Le mât travaillerait et risquerait de se courber. La meilleure façon de remiser un mât est de le ei coucher sur sa gorge, bien à plat et tout gréé. Finir le stockage en le calant au plus grand nombre de points possibles avec des petites cales en bois, de façon à ce qu’il repose bien rectiligne. Eviter de stocker un mât en bois dans un endroit humide, il pourrait se déformer. Attention aussi au contact du « métal jaune », cuivre, bronze, pour le mât métallique.

Réparation du mât

Sur le mât en bois, les réparations se font en bois, si possible le môme que celui du mât, le seul moyen de fixation reste la colle ; ne jamais utiliser de vis ou de pointes. On colle les pièces bout à bout avec un assemblage en biseau pour donner à la réparation le maximum de solidité.

Sur le mât métallique, les réparations sont plus faciles ; on utilise alors soit la soudure mais qui nécessite un traitement thermique spécial et qui s’adresse au fin bricoleur ; soit l’assemblage de pièces à l’aide de boulons ou rivets. Faire attention aux effets galvaniques. Signalons le grand inconvénient des mâts en plastique. Ils sont d’une seule pièce ; ils ne sont donc pas réparables et la fixation de pièces y est difficile, voire impossible.