Entretien des outils

Dans la plupart de temps, les déboires et les malfaçons, qui entraînent le découragement et l’insatisfaction, proviennent lorsque l’on travaille le bois du fait que les outils dont on se sert sont mal affûtés ou mal entretenus.

Les ouvrages pour les amateurs indiquent rarement les tours de main et les procédés employés par les artisans pour l’entretien des outils. Pourtant, cet entretien est indispensable.

Outils tranchants

Les outils neufs sont rarement affûtés. Les outils d’occasion ont perdu leur fil et leur mordant. Il est indispensable de leur donner ou de leur rendre leur tranchant. Cette opération se fait en deux temps :

L’affûtage

Se fait avec une meule en grès en parfait état. C’est à dire que la meule doit être bien centrée. Si elle est ovalisée, il suffit de fixer une barre d’acier parallèlement à l’axe de telle sorte que les parties saillantes puissent s’user en tournant la meule.

La meule doit aussi être cylindrique : si elle est creuse parce qu’on affûte toujours au même endroit, il est nécessaire de rendre sa planéité à la surface.

Pour affûter, tenir l’outil dans une position fixe en l’appuyant sur le bâti de la meule ou sur une planchette à encoches que l’on fabriquera. User les outils « en montant » et en conservant la meule toujours bien mouillée (une boîte percée d’un trou et remplie d’eau convient parfaitement si elle est suspendue au dessus de la meule). Veiller à obtenir un biseau bien plat après avoir usé toutes les brèches. Contrôler souvent le biseau à l’aide d’une équerre.

L’affilage

Après l’affûtage, il reste une sorte de fine lamelle d’acier qui est le morfil du tranchant. Il est nécessaire de le casser à la main, puis de le faire disparaître complètement en l’usant sur une « pierre à huile ». Cette pierre s’appelle souvent « pierre du Levant » ou « pierre au corindon » ou au « carborundum ». Elle doit avoir un grain, le plus fin possible.

Avant de se servir de la pierre, l’essuyer doucement et y verser 2 ou 3 gouttes d’huile minérale. Appliquer les outils bien à plat et selon le biseau et leur faire décrire des cercles sur la pierre. Tourner l’outil et faire de même pour l’autre côté.

Scies

L’entretien des scies est très important pour l’affûtage et le rabotage. Il comprend le voyage, l’affûtage et le routage.

Le voyage

Pour que la lame puisse glisser librement, on donne aux dents de la scie de la voie de telle sorte que le trait de scie soit plus large que la lame. En principe, le trait de scie doit être égal à une fois et demie l’épaisseur de la lame. Une scie qui n’est pas avoyée se coince et chauffe. Trop avoyée, elle saute et arrache le bois au lieu de le scier.

La voie est établie en fonction des bois à scier : elle est plus large pour les bois verts que pour les bois secs. Elle doit être bien régulière. S’il y a une déviation à droite ou à gauche, la scie a tendance à dévier progressivement du côté où il y a le plus de voie. La scie amorce une ligne sinueuse si la voie est irrégulière et si certaines dents dépassent les autres.

Pour avoyer une scie, on utilise un tourne à gauche ou une pince à avoyer. Il est indispensable de fixer la scie dans un étau de telle sorte que les dents dépassent légèrement de la mâchoire. Le tourne à gauche porte des encoches calibrées. Incliner alternativement à gauche puis à droite. II est encore préférable d’incliner d’abord toutes les dents vers la droite puis vers la gauche : c’est un petit tour de main très facile à acquérir.

L’affûtage

Les dents d’une scie doivent être tranchantes. Après usage, elles sont arrondies, il est donc nécessaire de leur rendre leur coupe. Cette opération se fait avec un « tiers point » ou lime triangulaire dont l’angle des faces mesure 600 ce qui correspond à l’angle qui existe entre deux dents de scie. Le tiers point se manie « en poussant ».

Le rabotage

Après un long usage ou si l’on acquiert une scie d’occasion, il arrive que les dents n’ont plus la même hauteur alors il faut « raboter » la lame.

Pour cela, on utilise une lime douce dont on enlève le manche. On lime en passant sur toutes les dents à la fois et dans le sens de la longueur de la lime. Ainsi, on use les dents trop longues. Ensuite, il faut refaire les dents comme pour l’affûtage.

Une scie bien avoyée et bien tranchante économise l’effort et produit un travail propre et net.

Outil en général

Chaque outil doit avoir sa place précise et doit être entretenu avec soin.

Les scies seront détendues après chaque séance de travail et suspendues.

Les marteaux, tenailles et clés seront accrochés bien en vue. On pourra constater d’un seul coup d’oeil si tous les outils sont remisés.

Les ciseaux et bédanes seront engagés alors que la lame vers le bas dans des encoches ou des trous pratiqués dans une planchette.

Les rabots, varlopes seront couchés dans une armoire à l’abri des chocs et de l’humidité.

Les clous, vis trouveront leur place, par nature et catégorie dans des boîtes. (Des bocaux de conserve bien bouchée représentent un système astucieux de rangement car il permet de retrouver rapidement les pointes nécessaires et les bocaux clos préservent de l’humidité.)

Tous les outils seront huilés et graissés pour éviter la rouille. N’utilisez pas, comme on le voit encore faire une couenne de lard pour graisser les lames de scie mais employez, soit de la paraffine, soit de l’huile minérale (huile vidange récupérée et décantée).

Le local de travail doit être balayé et nettoyé après chaque séance de travail. Enlevez les copeaux et rangez les outils.